Prise en charge à l'officine : un décret fixe les nouvelles compétences des pharmaciens
Selon Vidal, un décret publié au Journal officiel du 28 octobre 2026 précise les conditions dans lesquelles les pharmaciens d'officine peuvent désormais prendre en charge, en premier recours…

Un cadre réglementaire qui concrétise une promesse de la LFSS 2026
Selon Vidal, un décret publié au Journal officiel du 28 octobre 2026 précise les conditions dans lesquelles les pharmaciens d'officine peuvent désormais prendre en charge, en premier recours, certaines situations cliniques. Cette compétence, inscrite à l'article L5125-1-1A du Code de la santé publique par l'article 63 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, prolonge l'expérimentation Osys, généralisée à l'ensemble du territoire depuis le 1er janvier 2026.
L'expérimentation avait initialement couvert quatre situations cliniques, dont les cystites et les angines. Ces deux-là ont quitté le dispositif après leur passage dans le droit commun en 2024. Le décret du 26 octobre encadre désormais les interventions que le pharmacien peut réaliser dans ce cadre, mais la liste des situations cliniques concernées n'a pas encore été publiée.
Ce que le patient doit retenir: des garde-fous déjà clairs
Le décret fixe des conditions strictes pour la prise en charge. À ce jour, les médicaments soumis à prescription médicale obligatoire (PMO) sont exclus du dispositif. En pratique, le pharmacien ne peut pas délivrer, dans le cadre de cette mission, un traitement qui nécessiterait normalement une ordonnance de médecin.
La dispensation des dispositifs médicaux et des médicaments dans ce contexte reste elle aussi à préciser: les modalités doivent être fixées par arrêté ministériel, un texte qui n'est pas encore paru.
Pour un patient porteur de lunettes ou de lentilles, l'essentiel est de comprendre la portée réelle de cette compétence: le pharmacien prend en charge des situations cliniques précises, pas n'importe quel besoin en santé visuelle. Une irritation oculaire, une infection ou une douleur nécessitent encore un parcours adapté selon la situation, qu'il s'agisse d'une consultation ophtalmologique, d'un passage chez l'opticien ou d'un appel au médecin traitant.
Ce qui reste en suspens
Deux éléments majeurs sont encore indéterminés. D'une part, la liste officielle des situations cliniques relevant de ce dispositif: elle n'a pas été publiée à ce jour. D'autre part, la rémunération de cette intervention pharmaceutique, qui doit être négociée dans le cadre de l'avenant 3 à la Convention entre l'Assurance maladie et les syndicats de pharmaciens titulaires. Ces négociations ont débuté en octobre 2026 et devraient s'achever avant la fin de l'année.
Le Moniteur des pharmacies titre de son côté sur un décret qui bride les pharmaciens, suggérant que le texte tel qu'il est rédigé limite davantage qu'il n'autorise. En l'absence de la liste des situations et de l'arrêté sur la dispensation, la marge de manœuvre réelle du pharmacien reste difficile à évaluer.
Que surveiller en priorité
Si vous comptez passer par l'officine pour un besoin lié à la santé visuelle, trois points méritent d'être suivis dans les prochaines semaines: la publication de la liste des situations cliniques au décret, l'arrêté ministériel sur les modalités de dispensation des dispositifs médicaux, et le résultat des négociations sur l'avenant 3 qui fixera la rémunération. Chacun de ces textes modifie concrètement ce que vous pourrez, ou non, résoudre en pharmacie avant de consulter un professionnel de la vue.